Et si vous preniez le temps de recueillir ce qui, d’ordinaire, vous échappe ? Une lumière sur l’eau, le froissement des feuilles, la pluie derrière une fenêtre, une parole entendue qui vous accompagne, un souvenir revenu au détour d’un chemin…
Au fil de déambulations poétiques, vous photographiez, écrivez et enregistrez ce qui vous touche. Votre carnet s’ouvre dès l’arrivée : il accueille des notes personnelles, des poèmes, des images, des sons et quelques traces du vivant. De jour en jour, ces fragments se répondent et composent une histoire singulière, où les paysages et les éléments rencontrent vos sensations, vos émotions et vos souvenirs.
Vous recueillez cette « écume des jours » : ce que les heures déposent en vous, ce qui demeure d’un instant pourtant déjà disparu. Non pour tout conserver, mais pour faire place à la mémoire poétique évoquée par Milan Kundera, attentive à « ce qui nous a charmés, ce qui nous a émus, ce qui donne à notre vie sa beauté ». Une recherche qui fait également écho aux mots de Georges Perec : « Je cherche en même temps l’éternel et l’éphémère. » Une création à lire, à regarder et à écouter, pour retrouver plus tard la sensation d’avoir été là, pleinement présent et contemplatif.
Cette résidence s’adresse à toute personne, débutante ou expérimentée, qui souhaite nourrir son écriture au contact des paysages, explorer les correspondances entre les mots, les images et les sons, ou inventer une autre manière de tenir un carnet.
Elle intéressera les personnes sensibles à la poésie, à la photographie, à la nature et aux détails du quotidien, désireuses de prendre le temps de les observer et de leur donner une forme personnelle.
Un carnet qui se construit au fil des jours
La résidence alterne explorations de l’île et temps de création dans la maison. Les déambulations sont des ateliers à part entière : à chaque halte, des propositions invitent à observer, écouter, écrire, photographier ou enregistrer. Il ne s’agit pas de multiplier les étapes ou de parcourir le plus de lieux possible, mais de prendre le temps de rencontrer quelques lieux, parfois même d’y revenir, et de remarquer ce qui change.
Le carnet accompagne toute l’expérience. Une phrase notée au réveil, un détail photographié, une impression confiée au dictaphone, une feuille glissée entre les pages : chaque journée apporte de nouvelles matières. Vous apprenez à reconnaître les motifs qui reviennent, les associations qui vous surprennent et les fragments que vous souhaitez approfondir.
Vous recueillez autant ce que vous percevez que ce que cette rencontre fait naître en vous : une sensation, une émotion, un souvenir, une idée ou une rêverie.
La maison devient elle aussi un lieu d’exploration : les bruits du matin, une fenêtre, les ombres sur un mur, une conversation ou le silence après le départ des autres.
Les sorties sont adaptées à la météo et aux conditions du littoral. Lorsque les conditions le permettent, la pluie et le vent font partie de la rencontre avec les éléments, plutôt que d’en être seulement les obstacles.
Faire dialoguer les sens
Une photographie retient une lumière ou un geste ; un enregistrement en prolonge le souffle, la durée, la présence ; un texte accueille ce qui ne se voit pas et ce qui résonne intérieurement. Une feuille, un papier, une empreinte ou un objet personnel introduisent une texture, une trace que l’on peut toucher.
Ces matières ne sont pas simplement juxtaposées. Vous explorez ce qui se passe lorsqu’elles se rencontrent : comment un son fait regarder autrement une photographie, comment quelques mots ouvrent son hors-champ, comment une voix transforme la lecture d’un poème. Les rapprochements peuvent être évidents ou inattendus, fidèles à l’instant vécu ou traversés par un souvenir.
Il ne s’agit pas de fabriquer un quotidien idéal, mais de donner une forme juste à ce qui vous touche. Le carnet peut accueillir l’émerveillement autant que l’incertitude, l’immobilité, les impressions fugitives et les détails qui résistent aux mots.
La collecte matérielle reste légère et respectueuse des lieux : observation, photographie, éléments déjà tombés lorsque leur prélèvement est permis, sans arracher ni dégrader.
Du carnet papier à la création photo-sonore
Le carnet papier est un espace de recherche vivant : vous y écrivez, esquissez, collez et préparez vos associations. Certains éléments peuvent ensuite être photographiés ou numérisés pour rejoindre votre composition.
Vous avancez progressivement de la collecte vers une intention, puis une prémaquette : choisir un fil conducteur, sélectionner les éléments, créer ce qui manque, assembler et ajuster.
Jour 1 — Entrer dans le temps de l’île
Chacun ouvre son carnet par une première trace de son arrivée : qu’est-ce qui change lorsque l’on commence à ralentir ?
Jour 2 — Habiter le paysage
Jour 3 — Écouter ce qui passe
Jour 4 — Composer son carnet sensible
Jour 5 — Partager et emporter
Une présentation du travail du projet de chacun est proposée. Chacun repart avec une première composition personnelle et des repères pour continuer à recueillir la poésie de ses jours.
La réalisation accompagnée pendant le séjour est principalement numérique, afin de pouvoir expérimenter concrètement les relations entre les pages, les photographies, les textes et le montage sonore. Les possibilités d’impression étant limitées sur l’île, la fabrication d’un carnet papier abouti pourra être poursuivie après la résidence.
La méthode formalisée dans le cadre d’Aleph-Écriture est active. Elle repose sur l’implication, des participants comme de l’animateur. Elle est également interactive. Les allers et retours entre l’écriture individuelle, la confrontation en sous-groupes et les échanges en grand groupe permettent de tester régulièrement si telle ou telle hypothèse fonctionne réellement, dans la visée de créer un récit qui donne envie au lecteur de savoir ce qui va se passer.
Un temps de bilan invite chacun, en fin de stage, à revenir sur ses attentes. Chaque participant est en outre invité à remplir le document-type de bilan qui lui a sera adressé par mail à la fin de l’atelier.
Découvrir le programme pédagogique sur le site d’Aleph-Ecriture.
Vanessa Buhrig
Éditrice de métier, Vanessa Buhrig a conçu et écrit de nombreux guides de voyage. Elle est également biographe certifiée par Aleph-Écriture et photographe.
C’est en s’appuyant sur la complémentarité de ses compétences qu’elle a créé le premier livre photo sonore et fondé les éditions Akasha en 2022 à Paris. Sa passion pour les histoires de vie l’amène à poursuivre ses recherches dans la conception de supports de transmission pouvant traverser les générations, avec la volonté de rendre chacun autonome dans la réalisation de son projet.
Vanessa Buhrig a rejoint notre équipe de formateurs en 2024. Elle a à cœur de transmettre son savoir-faire avec les ateliers « Raconter son histoire en son et en images » et celui-ci, spécialement conçus pour Aleph-Écriture.
Lors de votre inscription, vous aurez la possibilité de payer en 3 fois sans frais par carte bancaire.
Prenez connaissance de nos CGV ici : https://www.aleph-ecriture.fr/informations-pratiques/cgv/
Le prix du transfert est déjà inclus.
Date limite d’inscription : 22/02/2027. Au delà de cette date, n’hésitez pas à nous contacter, il peut rester des places disponibles.